Que faire avec un bac en Études cinématographiques? Je ne sais pas combien de fois cette question m'a été posée, ni combien de fois je me la suis posée moi-même. Mais maintenant, je connais la réponse: on travaille dans un entrepôt, et on rêve. Car si toutes ces années passées dans de sombres salles illuminées par les mondes incroyables d'Andreï Tarkovski, Josef von Sternberg et King Hu ne m'auront rien appris de la vie en société, elles m'auront appris à rêver. Rêver à l'infini, rêver à l'amour, en mettant toujours plus de carburant dans le four à pellicule qui me garde au chaud durant les jours froids de l'existence.
Un temps, je me suis cru critique de films. Je me suis même cru journaliste, moi qui en suis pourtant l'antithèse totale. Juste à y penser, je ne peux m'empêcher de sourire. Moi, journaliste? Et pourquoi pas second messie, tant qu'à y être! Non, je rigole. La vérité, c'est qu'il manque deux choses au journaliste dont je ne peux absolument pas me passer: la liberté et l'anonymat. Liberté de choisir très spécifiquement mes sujets (si je veux discuter de la flaque de vomi de "Pinocchio 964", ou de l'excision à la torche électrique de "The Girl Next Door" (2007), je compte bien le faire). Quant à l'anonymat, et bien, disons qu'il provient d'un certain dégoût de ma personne que j'entretiens depuis ma tendre enfance.
Je ne souhaite pas être redevable à personne. Je ne souhaite pas angoisser à propos d'une faute de frappe qui aurait compromis un article publié sur papier. Mais surtout, je ne souhaite pas être connu. Je ne souhaite pas qu'on s'arrache mes services. Je ne souhaite pas, jamais, me retrouver sous les projecteurs. Les yeux des autres sont pour moi des rasoirs, et en cela, je suis un véritable cinéphile. C'est la noirceur de la salle que j'aime, c'est dans elle que je me sens confortable... et libre.
Ce que j'aime à propos du cinéma (en tant qu'art), ce ne sont pas les certitudes (l'attitude bipolaire qu'ont certaines personnes n'ayant en bouche que les mots "bon" et "mauvais" pour qualifier les films), mais les points de vue, les opinions, les interrelations, les théories qui en émanent, bref les idées qu'il nous inspire. Les idées, et les sensations. Pas seulement l'appréciation ou la répulsion, mais toute la gamme d'émotions qui rendent notre frêle humanité si unique: la passion, le dégoût, l'amour, la haine, la colère, la joie, la tristesse, l'ennui, la peur...
Cela dit, je compte blogger un peu comme les autres bloggent, mais pas tout à fait. Certes, "Penser le cinéma" sera pour moi la chance d'entretenir un journal, mais ce sera aussi la chance pour tous de partager certaines idées et théories inédites à mesure que je les formule. Cela dit, je toucherai à tout (surtout les classiques, le cinéma de répertoire, le cinéma asiatique, le cinéma québécois, le cinéma d'horreur, les aspects nationalistes du cinéma, les théories auteuristes, mais aussi tout ce qui provoquera chez moi une vive réaction). Je ne citerai pas une abondance de sources, mais sachez que je suis néanmoins quelqu'un de sérieux qui a intensément étudié lors de son passage à l'université, et qui s'y connait assez bien dans ce qu'il avance. Sachez aussi que je suis quelqu'un de plutôt émotif qui risque de s'emporter dans un lyrisme nuisible à mon propos. Alors, ne me faites pas non plus confiance aveuglément.
J'invite par la présente quiconque souhaite obtenir des pistes de réflexion grâce auxquelles il pourra un peu mieux penser le cinéma à lire mes messages. Je ne suis pas un gourou, et je ne souhaite en aucun cas l'adhésion automatique aux propos que j'avance. Ce ne sont là que des pistes de réflexion s'ouvrant sur un dialogue beaucoup plus vaste entre tous les amateurs de cinéma (connaisseurs ou dilletantes). J'invite aussi tous les étudiants en quête d'idées pour leurs travaux à emprunter les miennes, et, qui sais, les développer jusqu'à leur conclusion.
Maintenant, assez parlé. C'est le temps d'entrer dans le vif du sujet.
30 déc. 2008
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